EDITO du 14 Décembre 2017

On apprend toujours seul, mais jamais sans les autres (Philippe Carré)

Un an déjà que Trump est au pouvoir, et pourtant, le monde « réel » continue subrepticement sa mue, sa « transition » vers un modèle nouveau où les maîtres mots sont résistance, écologie, bienveillance… Nous on y croit ! Un an déjà que nous avons écrit le dernier édito de 2016. Et nous voici à nouveau à l’heure des bilans de fin d’année, avec la clôture (temporaire), des projets Labo Adoquartier et Labocompétences. Ils nous ont donné, pour l’un, notre « étude » 2017, qui fait la somme de trois années de recherches et d’échanges autour du thème « Les ados entre famille et école, quels chemins ? » (John Cultiaux et delphine Huybrecht), et pour l’autre, une rencontre très intéressante le 24 novembre dernier, réunissant jeunes et travailleurs sociaux autour du thème « Les jeunes ont des compétences, qu’en faisons-nous ? ». Nous y reviendrons en profondeur dès le printemps, car notre travail sur les compétences des jeunes ne s’arrête pas ici. En attendant, il vous est loisible de visionner le magnifique documentaire du Centre Vidéo de Bruxelles (Jacques Borzykowski) tourné chez les partenaires du projet Labocompétences. Vous y découvrirez un ensemble d’initiatives offrant aux jeunes un temps de maturation et de découverte de leurs potentialités

Il est encore une fois beaucoup question de travail social, d’apprentissages et de compétences dans cet ultime numéro 2017 de notre newsletter.

C’est ce que nous nous sommes fixé comme cœur de métier, au GRAIN : trouver et partager des voies qui nous permettent de développer notre puissance d’agir, comme travailleurs sociaux, travailleurs éducatifs, simples citoyens, jeunes (ou moins jeunes). Pour tenter de s’affranchir de la souffrance plutôt que se résigner à la subir, comme l’écrit Véronique Georis dans son article «Création d’un réseau de capacitation citoyenne, le Labocompétences ». Les apprentissages et les compétences, c’est encore ce que l’on a trouvé de mieux pour s’émanciper. Encore faut-il que les lieux qui rendent possibles ces apprentissages existent. L’école devrait assurer cette mission, mais elle est en souffrance… Le système scolaire « à deux vitesses » est à bout de souffle… pour illustrer cela, Delphine Huybrecht propose une plongée dans l’univers d’ados scolarisés dans une école bruxelloise « à encadrement différencié » dans son analyse « Le décrochage scolaire vu par les élèves ». Les « Communautés d’Apprentissage Professionnelles » pourraient-elles être une réponse au type de problèmes qui se posent dans ce genre d’écoles ? Certains le pensent, c’est pourquoi nous vous proposons de découvrir ce dispositif avec l’analyse « CAP » sur l’école du XXIème siècle avec les Communautés d’Apprentissage Professionnelles : une expérience menée à Charleroi dans le cadre du programme FSE Accrojump »  Martine De Keukeleire, quant à elle, nous permet d’approcher « Les autres façons de faire école » grâce à un entretien qu’elle a mené avec une institutrice chargée d’instruire deux jeunes enfants du spectacle. De ce micro terrain, nous vous proposons d’élargir radicalement la focale pour revenir aux communautés d’apprentissage et nous pencher avec Bruno Uyttersprot sur leur origine, essence et théorie, « Les communautés d’apprentissage : une « vieille » idée, de plus en plus d’actualité ». Prenant encore un peu plus de hauteur, mais en lien évident avec ces approches, Louise Méhauden nous emmène quant à elle dans l’univers du management avec son analyse « Participation dans les organisations : entre outil d’émancipation et instrument de domination », afin de sonder les tenants et aboutissants de la mode de, au choix, la « responsabilisation », la « participation », l’« autogestion » et l’« horizontalité », qui s’invitent dans tous les discours organisationnels et managériaux et qui peuvent aussi dans certains cas ne produire qu’une transformation chaotique ou superficielle, voire purement cosmétique, de l’organisation, dissimulant et légitimant de nouvelles formes de contrôle et de domination.

Bonne lecture et heureuse fin d’année à tous !

L’équipe du GRAIN

quiNous sommes un collectif pluraliste d’acteurs de terrain, de praticiens-chercheurs en sciences humaines et de pédagogues spécialisés dans la construction d’interventions, d’analyses et d’outils permettant d’une part de mieux comprendre les réalités et enjeux contemporains des rapports sociaux et, d’autre part, d’influer sur ceux-ci dans une visée d’émancipation pour tous.

Par notre travail, nous souhaitons pointer et comprendre les mécanismes qui empêchent l’émancipation et, à contrario, ceux qui la permettent ou la favorisent en mettant en débat une diversité de points de vue, en analysant des discours et des pratiques, en se mettant à l’écoute des terrains du social et en privilégiant une approche pluridisciplinaire. lire la suite

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