Martine De Keukeleire a coordonné la rédaction de cette analyse sur base des apports de Marie-Sophie Thiry, Oum-chikh Dahou, Hanane Lafhal, Audrey Gutierrez et Frédéric Loboz, Le GRAIN, Septembre 2017.

Les intervenants dans le champ psycho-médico-social sont de plus en plus nombreux à ressentir un profond mal-être dans le cadre de leur mission. La cause en est imputable au grand écart qu’ils sont amenés à réaliser entre les attentes de leur institution et la complexification des situations sociales de leurs bénéficiaires. Les précarisés sont caractérisés par une grande fragilité aux multiples composantes, fruit d’une accumulation de problèmes divers et aigus. Les logiques de marché dans un contexte socio-économique en crise ont touché les secteurs du social et du médical qui subissent parallèlement la diminution de leurs subsides de fonctionnement tout en devant s’inscrire dans une logique managériale.

Delphine Huybrecht, LE GRAIN, Juin 2017

Qu’il ait des accents de « New public Management » renforcé, le Pacte pour un enseignement d’excellence, c’est une certitude. Qu’il vise à exercer un contrôle renforcé sur les équipes éducatives en leur demandant désormais de rendre des comptes, cela ne fait aucun doute. Que cela aura au final des effets bénéfiques sur les capacités des jeunes à apprendre et à devenir des citoyens épanouis, c’est ce qu’il reste à démontrer. Le risque existe de faire sombrer l’école dans une déprime ou un marasme encore plus grands que ceux contre lesquels ils entendent lutter. Comment l’éviter ?

Louise Méhauden, LE GRAIN, Juin 2017

Apparues dans les années 50 au Danemark, les Écoles enfantines en forêt ont depuis lors fleuri en nombre dans les pays scandinaves, en Europe germanophone (Waldkindergarten), au Royaume-Uni (Forest Outdoor Schools) et depuis peu en Espagne (Bosque escuela). Rasant les murs de l’école, elles se présentent comme une alternative pour le moins radicale. Tous les jours de l’année à l’air libre, elles font de la nature et des pédagogies actives leurs principales alliées dans l’éveil cognitif, moteur et affectif des enfants jusqu’à 6 ou 7 ans (selon les pays). Cet article se base principalement sur la version espagnole (bosque escuela), à partir des expériences de Doris, « accompagnatrice » d’un Bosque escuela à Ibiza, et d’un groupe de parents espagnols désireux d’en lancer une dans leur campagne reculée. Il entend en exposer le fonctionnement, les fondements théoriques et les principes philosophiques, tout en tentant d’y apporter un regard sociologique critique.

Pascale Meunier, LE GRAIN, Juin 2017

Accompagnement social et juridique, formation, mais aussi voile, théâtre ou équitation… Le Dispositif Relais met tout en œuvre pour aider des jeunes sortis de prison à reconstruire leur vie.

A Wemeldinge, au Pays-Bas, une flottille de huit voiliers est prête à larguer les amarres. A bord de l’un d’eux, Anne Gruwez, juge d’instruction à Bruxelles. Elle a recruté d’autres membres de l’appareil judiciaire : magistrat, avocat, bâtonnier. Le bouche-à-oreille a permis de compléter le groupe : un parlementaire, un entrepreneur, le directeur d’une entreprise de travail adapté,… tous propriétaires d’un bateau ou skippeurs motivés par la rencontre et le partage d’expérience avec des jeunes en difficulté d’insertion. Dix jeunes sont prêts à embarquer, non sans appréhension pour certains.

Bruno Uyttersprot, LE GRAIN, Juin 2017

C’est en septembre 2015 que l’ensemble des opérateurs de formation en alternance de la Fédération Wallonie-Bruxelles se sont vus dans l’obligation d’utiliser le nouveau contrat en alternance[1]. Cet outil touche au cœur des pratiques de l’alternance au sens où il codifie de façon uniforme la relation triangulaire entre le jeune apprenant, l’opérateur de formation (par l’intermédiaire du référent[2]), et l’entreprise accueillante. Nous avons voulu faire le point sur l’utilisation de ce nouveau contrat et sur les conséquences pratiques qui en découlent au niveau du travail d’insertion et de guidance. Pour ce faire, nous avons rencontré des intervenants de terrain afin qu’ils fassent état de leurs expériences à l’usage de ce nouveau contrat[3].

Emmanuel Nicolas, Le GRAIN, Mars 2017

L’auteur, formateur et superviseur d’équipes dans le secteur social, nous fait part de ses interrogations et de ses pistes de solution face au désarroi actuel de nombre de travailleurs sociaux pris en étau entre l’aide et le contrôle, rendus incapables d’accomplir les missions auxquelles ils identifient leurs métiers.

Ce texte nous interpelle à propos de l’effacement progressif et douloureux du sujet dans le travail social et nous renvoie au Manifeste du travail social proposé par le Comité de vigilance du travail social (www.comitedevigilance.be). (V. Georis)

Delphine Huybrecht, Véronique Georis, Le GRAIN, Mars 2017

Cet article aborde la thématique du harcèlement scolaire à partir des paroles d’adolescentes réunies dans le quartier Coteaux Josaphat en octobre 2016 par le groupe de professionnels Adoquartier[1]. Le GRAIN a collaboré à l’organisation de deux tables rondes pour une dizaine de jeunes - une majorité de filles, toutes d’origine immigrée- qui fréquentent deux écoles de devoirs et une AMO du quartier. Le sujet de ces tables rondes a émergé librement des récits apportés par les jeunes filles. Chaque récit spontané tournait autour d’une situation de harcèlement. Les participantes avaient visiblement besoin de vider leur cartable à ce propos. Ces tables rondes trouveront un large écho auprès d’enseignants, de travailleurs sociaux et de parents, lors du colloque « Ecoles, des places à prendre » qui sera organisé par le groupe Adoquartier en mai 2017.

Pascale Meunier, Le GRAIN, Mars 2017

Quelles sont les conditions de vie des jeunes – et parfois des enfants – en prison, en IPPJ, dans les institutions psychiatriques, les centres fermés pour demandeurs d’asile, les orphelinats, les centres de réhabilitation, les centres curatifs… tous ces endroits où ils sont privés de liberté et où le regard s’immisce peu ? Comment améliorer leurs conditions de détention ? L’ONG belge Défense des Enfants International (DEI Belgique) a mené l’enquête et propose des outils spécifiques pour soutenir la vigilance eu égard aux fragilités particulières de ce public. Certains de ces outils rendent la parole aux jeunes détenus stigmatisés notamment par les médias, dans une optique émancipatrice.

Louise Méhauden, Le GRAIN, Mars 2017

Terra Purna est un projet familial de permaculture né il y a un peu plus de 2 ans sur la frontière hispano-portugaise. António, Rosa et leur fils Arun tentent au jour le jour de se créer un espace et un mode de vie résilients, en harmonie avec la nature, et intégrés à la vie économique et sociale locale. Au travers de la présentation de ce projet et d’une discussion avec ses fondateurs, cet article entend mettre en lumière de manière très concrète la voie d’émancipation explorée par cette famille. Que signifie pour eux « s’émanciper » ? De qui ? De quoi ? Comment ? Pourquoi ? Quelles difficultés rencontrent-ils dans cette démarche ?

Louise Méhauden, Le GRAIN, Décembre 2016

Cet article prétend, à partir de quelques repères théoriques tirés de la sociologie classique et contemporaine, donner de la substance aux notions de domination et d’émancipation. Ces concepts font en effet l’objet d’interprétations et de significations variées, tant dans la littérature que sur le terrain de l’action sociale, interprétations qui influent sur les manières d’agir. L’article se fixe donc pour objectif de fournir des éléments de réflexion pour penser et favoriser l’émancipation des publics précaires aujourd’hui. Dans un second temps, ces repères théoriques sont mis à l’épreuve de quelques scènes sociales contemporaines où se joue l’émancipation de publics précaires, scènes principalement liées au secteur de l’insertion socioprofessionnelle et de l’aide alimentaire.