Véronique Georis, Le GRAIN, Décembre 2017

Partant du constat de l’impuissance du travailleur social programmée notamment par les nouvelles politiques a-sociales d’accueil des migrants, de gestion des travailleurs potentiels sans emploi, cet articlefait part des réflexions nées avec le projet Labocompétences[1], dont les apports seront communiqués sous la forme d’un rapport complet au printemps 2018. Réunis en colloque ce 24 novembre, autour du film «  Tourner en rond, c’est pas pour moi » réalisé par Jacques Borzykowski du Centre Vidéo de Bruxelles (coproduction Le GRAIN), le réseau Labocompétences a soumis au débat public les résultats de trois années de concertation autour de l’usage des compétences des jeunes « hors-pistes » dans le travail social.

Delphine Huybrecht, Le GRAIN, Décembre 2017

Le présent article reprend un ensemble d’observations et de témoignages effectués dans une école « de quartier populaire », à Bruxelles durant les années scolaires 2015-2016 (de janvier à juin) et 2016-2017 (de mars à juin)[1]. Les prénoms des élèves ont été changés, conformément à la promesse faite quand nous avons recueilli leurs paroles. Notre but est de documenter la réalité scolaire telle qu’elle est vécue par les élèves, à qui la parole est rarement donnée, pour éclairer d’un autre point de vue les questions de décrochage scolaire. L’article se nourrit aussi de mes observations personnelles au cours des animations ou d’éléments transmis par d’autres acteurs scolaires (travailleurs du PMS, enseignants, médiateur scolaire).

Delphine Huybrecht, Le GRAIN, Décembre 2017

Les Communautés d’Apprentissage Professionnelles (CAP) sont une réalité dans l’enseignement canadien depuis quelques années maintenant. Bruno Uyttersprot nous a présenté les bases théoriques des communautés d’apprentissage dans un récent article[1].  Nous allons nous pencher ici sur une application pratique du concept en Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous sommes en effet allés à la rencontre de deux personnes impliquées dans un projet de lutte contre le décrochage scolaire qui réunit huit écoles de l’enseignement libre dans la région de Charleroi. C’est au Collège  des Aumôniers du Travail que nous avons eu le plaisir de rencontrer Mesdames Véronique Dayez et Bernadette Warrand[2], chargées de la mise en œuvre du projet FSE « ACCROJUMP-CAP», dont l’école pilote est l’Institut Sainte-Anne de Gosselies. Elles nous ont fait part des avancées permises par leur projet et des enseignements qu’il est possible d’en tirer à ce stade.

Les communautés d’apprentissage : une « vieille » idée, de plus en plus d’actualité

L’apprendre ensemble pour résister au chacun pour soi et comme outil d’émancipation pour construire le collectif ?

Bruno Uyttersprot, Le GRAIN, Décembre 2017

Dans ce premier article dédié à la notion de communauté d’apprentissage, Bruno Uyttersprot dresse un historique de la notion. Qu’il s’agisse des technologies de l’information, qui permettent la mise en réseau d’outils didactiques les plus divers, ou des élans citoyens d’appropriation collective des savoirs et d’identification à des formes de valeurs communes, ce ne sont pas les situations socioéconomiques[1] et sociologiques qui manquent pour favoriser l’apparition et le développement de communautés d’apprentissage. Qu’il s’agisse d’une logique de partage et d’entraide (pensons aux réseaux d’échanges de savoirs) d’idéalistes en quête d’une révolution des esprits ou encore de nouvelles méthodes managériales basées sur des principes collaboratifs, l’apprendre en commun s’inscrit de manière explicite et formelle dans la sphère institutionnelle publique ou privée. Elle constitue aux yeux de l’auteur un sursaut d’émancipation et de réflexion en commun face à l’individualisme forcené qui caractérise notre civilisation postmoderne.

Louise Méhauden, Le GRAIN, Décembre 2017

A l’heure où la « participation », la « responsabilisation » voire l’ « autogestion » et l’« horizontalité » font florès quand il s’agit de manager un nombre toujours croissant d’organisations, l’auteure constate, avec d’autres, que ces principes se vivent et s’actualisent de manières très inégales sur les terrains. Elle nous invite à être attentifs aux pièges qu’ils peuvent renfermer et appelle au développement d’outils et de compétences nouveaux et adaptés comme conditions nécessaires à leur portée émancipatrice.

Martine De Keukeleire, décembre 2017

En Fédération Wallonie-Bruxelles, l’instruction est obligatoire de 6 à 18 ans, mais pas l’école. Certaines familles choisissent, en toute légalité, de déclarer la non inscription de leurs enfants à l’école. Ce pour diverses raisons : ce type de scolarité peut convenir à un mode de vie nomade, s’adapter au rythme d’un enfant, correspondre aux valeurs des parents… L’enseignement à domicile, qui fait l’objet d’un contrôle de l’obligation scolaire par la fédération Wallonie Bruxelles, est en augmentation significative ces dernières années[1]. Et pose la question du rôle de l’école dans le parcours d’apprentissage des enfants. Nous avons rencontré l’institutrice chargée d’accompagner l’enseignement à domicile d’enfants de forains[2]. Elle nous livre ses observations nuancées sur une autre façon de faire école.

Martine De Keukeleire a coordonné la rédaction de cette analyse sur base des apports de Marie-Sophie Thiry, Oum-chikh Dahou, Hanane Lafhal, Audrey Gutierrez et Frédéric Loboz, Le GRAIN, Septembre 2017

Les intervenants dans le champ psycho-médico-social sont de plus en plus nombreux à ressentir un profond mal-être dans le cadre de leur mission. La cause en est imputable au grand écart qu’ils sont amenés à réaliser entre les attentes de leur institution et la complexification des situations sociales de leurs bénéficiaires. Les précarisés sont caractérisés par une grande fragilité aux multiples composantes, fruit d’une accumulation de problèmes divers et aigus. Les logiques de marché dans un contexte socio-économique en crise ont touché les secteurs du social et du médical qui subissent parallèlement la diminution de leurs subsides de fonctionnement tout en devant s’inscrire dans une logique managériale.

Delphine Huybrecht, LE GRAIN, Juin 2017

Qu’il ait des accents de « New public Management » renforcé, le Pacte pour un enseignement d’excellence, c’est une certitude. Qu’il vise à exercer un contrôle renforcé sur les équipes éducatives en leur demandant désormais de rendre des comptes, cela ne fait aucun doute. Que cela aura au final des effets bénéfiques sur les capacités des jeunes à apprendre et à devenir des citoyens épanouis, c’est ce qu’il reste à démontrer. Le risque existe de faire sombrer l’école dans une déprime ou un marasme encore plus grands que ceux contre lesquels ils entendent lutter. Comment l’éviter ?

Louise Méhauden, LE GRAIN, Juin 2017

Apparues dans les années 50 au Danemark, les Écoles enfantines en forêt ont depuis lors fleuri en nombre dans les pays scandinaves, en Europe germanophone (Waldkindergarten), au Royaume-Uni (Forest Outdoor Schools) et depuis peu en Espagne (Bosque escuela). Rasant les murs de l’école, elles se présentent comme une alternative pour le moins radicale. Tous les jours de l’année à l’air libre, elles font de la nature et des pédagogies actives leurs principales alliées dans l’éveil cognitif, moteur et affectif des enfants jusqu’à 6 ou 7 ans (selon les pays). Cet article se base principalement sur la version espagnole (bosque escuela), à partir des expériences de Doris, « accompagnatrice » d’un Bosque escuela à Ibiza, et d’un groupe de parents espagnols désireux d’en lancer une dans leur campagne reculée. Il entend en exposer le fonctionnement, les fondements théoriques et les principes philosophiques, tout en tentant d’y apporter un regard sociologique critique.

Pascale Meunier, LE GRAIN, Juin 2017

Accompagnement social et juridique, formation, mais aussi voile, théâtre ou équitation… Le Dispositif Relais met tout en œuvre pour aider des jeunes sortis de prison à reconstruire leur vie.

A Wemeldinge, au Pays-Bas, une flottille de huit voiliers est prête à larguer les amarres. A bord de l’un d’eux, Anne Gruwez, juge d’instruction à Bruxelles. Elle a recruté d’autres membres de l’appareil judiciaire : magistrat, avocat, bâtonnier. Le bouche-à-oreille a permis de compléter le groupe : un parlementaire, un entrepreneur, le directeur d’une entreprise de travail adapté,… tous propriétaires d’un bateau ou skippeurs motivés par la rencontre et le partage d’expérience avec des jeunes en difficulté d’insertion. Dix jeunes sont prêts à embarquer, non sans appréhension pour certains.