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Groupes efficaces (I)

Les interventions au sein d'un petit groupe

Francis Tilman, Le GRAIN asbl, 24 mai 2007


Les réunions de groupe sont aussi incontournables que multiples. Pour y agir plus efficacement, il peut être utile de pouvoir repérer la nature des interventions qui s’y déroulent et juger de leur contribution ou non à l’efficacité du travail de groupe.

La dynamique des groupes a dégagé plusieurs grilles d’observation des interventions des membres d’un groupe, permettant une appréciation qualitative de la participation individuelle et des rôles joués par chaque intervenant au cours d’une réunion.

L’article présente trois typologies, portant sur trois dimensions du travail de groupe.

Une typologie des interventions au sein d’un groupe de travail selon leur objectif principal

Il s’agit moins ici de s’intéresser au contenu des réunions de travail qu’à la manière dont chacun est intervenu dans les réunions, et ainsi d’apprécier son “ implication ”. Ainsi se précise comment et pourquoi il est intervenu.

Les interventions dans le groupe

Voici une typologie des différentes sortes d’intervention dans le travail de groupe, selon le but principal qu’elles visent[1].

Les comportements relevés ci-dessus sont considérés par les chercheurs en dynamique des groupes comme des attitudes qui favorisent le travail de groupe efficace. Les comportements opposés constituent autant d’attitudes qui contrarient, freinent voire bloquent le travail de groupe efficace.

Un animateur de groupe efficace cherchera à adopter un maximum de ces attitudes positives. Cependant, dans un groupe bien rôdé, ces fonctions sont assumées en grande partie par les membres eux-mêmes, diminuant ainsi le rôle de l’animateur.

Usage possible de cette typologie

Le premier usage de cette grille est celui de l’évaluation, par un observateur extérieur, des comportements individuels des membres d’un groupe et de leur contribution à l’avancement des travaux, en fonction de la nature de leurs interventions, positives ou négatives.

Le second usage est la capacité de décoder, à chaud, au sein même de l’activité de groupe, les agissements des collègues et le rôle qu’ils jouent dans la dynamique du groupe, pour ajuster ses propres attitudes. Cette observation en situation est valable pour le participant lui-même qui s’interroge sur son propre mode de participation.

Enfin, sur un plan plus normatif des apprentissages, cette grille est une source d’inspiration pour chercher à acquérir des comportements favorables à l’avancement du travail en groupe.

L’analyse réalisée grâce à cette typologie suppose de pouvoir observer le déroulement de la réunion. Cependant, elle peut servir de guide dans une autre réunion qui aurait pour but de comprendre ce qui s’est passé dans une réunion antérieure.

Questions-clés pour démonter un processus de décision collective

Les questions suivantes permettent de faire un démontage des décisions prises par un groupe de travail. Ces questions cherchent à mettre en lumière la “ grammaire ” interne à une prise de décision collective.

Usage Possible de cette typologie

Ces questions permettent de décortiquer une prise de décision et de s’interroger sur son caractère démocratique ou non (qui décide ?), sur son enjeu (que décide-t-on ?), sur le processus qui a permis la décision (comment décide-t-on ?) et enfin sur la nature de l’argumentation qui a été utilisée pour conclure (en fonction de quoi décide-t-on ?). Cette radiographie de la décision est souvent utile pour évaluer, dans la suite, la pertinence d’une décision par rapport à un problème, ainsi que le degré d’adhésion des personnes concernées. Il est clair que les réponses au questionnaire ci-dessus, mettent en évidence des mécanismes qui contribuent à prendre des décisions efficaces et d’autres qui vont entraîner des décisions inappropriées ou peu mobilisatrices. Cette grille aide donc à comprendre pourquoi la production d’un groupe apparaît tantôt pertinente, tantôt inadéquate.

Au cours même d’une réunion, la connaissance de cette grille permet de décoder, à chaud, au sein même de l’activité de groupe, le fonctionnement poursuivi. Si celui-ci apparaît favorable à une production rationnelle et démocratique, l’intervenant cherchera à le renforcer. Dans le cas inverse, il attirera éventuellement l’attention sur cette évolution négative et cherchera à ce que les décisions soient prises selon des mécanismes plus propices à une « bonne » décision.

Enfin, dans le cadre d’un apprentissage, cette typologie constitue un instrument d’évaluation de ses propres comportements et un programme de capacités d’action à acquérir, si l’on veut être un intervenant, et a fortiori un animateur, efficace de groupe.

L’analyse réalisée grâce à cette typologie suppose de pouvoir observer le déroulement de la réunion. Cependant, elle peut servir de guide dans une autre réunion qui aurait pour but de comprendre ce qui s’est passé dans une réunion antérieure.

Questions-clés pour évaluer l’efficacité du fonctionnement d’un groupe de travail

Cette grille peut être utilisée comme instrument de diagnostic d’une réunion de travail[2]. Elle se base également sur les interventions des membres du groupe mais elle considère celles-ci surtout du point de vue du fonctionnement global du groupe. Elle suppose de pouvoir observer le déroulement de la réunion ou de réfléchir, a posteriori, à ce qui s’est passé dans une réunion-clé. Les observations de cette seconde grille recoupent en partie celles de la première grille, tout en les complétant.

Questions-clés

Comportements concernant les décisions

Comportements concernant la discussion

Comportements concernant la procédure

Comportements concernant les divergences

Comportements concernant le “ climat ”

Références

[1] Cette typologie est rédigée en s’inspirant de Bales R.F., Interaction Process Analysis, Cambridge, Mass,1950 et de Maisonneuve J., La dynamique des groupes, Paris, PUF, 1968.

[2] Cette fiche est rédigée en s’inspirant de Remouchamps R., Mathot R., L’efficacité du travail en groupe, Bruxelles, Vie ouvrière, 1972, p.92-96.