Interview de Pierre Legrand (collectif Sarendip), par Delphine Huybrecht, LE GRAIN, Septembre 2016

Pierre Legrand, dit Obêtre[1], de son nom d’artiste, est un passionné. Nous l’avons suivi pendant une série d’ateliers menés avec des jeunes menacés de décrochage scolaire dans le cadre du projet Art et Paroles. Dans cet article, nous revenons avec lui sur ce qui l’a motivé à entrer dans cette démarche. Pour découvrir que, davantage que des techniques ou des embellissements matériels, Pierre et son équipe ont surtout cherché à insuffler une âme, un vent d’optimisme, dans ces écoles qui se vivent comme « handicapées » par un tas de problématiques qui les dépassent : accueil d’une proportion importante d’élèves « refoulés » d’autres établissements, absentéisme des profs et des élèves, locaux déclassés et sous-équipement.

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la réalisation de la murale

printbuttonLe projet Art et Paroles est un projet qui réunit un collectif d’artistes, une AMO, deux établissements scolaires et deux centres PMS autour d’un projet artistique concret : réaliser une fresque murale sur la façade de l’établissement d’un établissement scolaire schaerbeekois, non loin de la gare du Nord, comme étape d’une entreprise de recréation de valeur et de lien dans un quartier populaire. Il est financé pour une durée de deux années par le Fonds Social Européen.

Il fait suite à plusieurs interventions artistiques dans l’espace public réalisées, dans le cadre d’un contrat de quartier, par le collectif d’artistes Sarendip. Le diagnostic social du contrat de quartier pointait l’effet négatif de l’aspect du quartier sur ses habitants. Plusieurs fresques murales ont été réalisées sur base de motifs créés par les élèves d’une classe de 2ème secondaire différenciée[2]. Dans la suite, les promoteurs du projet veulent, avec l’aide de l’AMO, étendre l’usage de ces motifs artistiques à l’entrée et à l’intérieur de l’école concernée ainsi qu’à d’autres espaces du quartier et y coupler une réflexion sur l’accrochage scolaire.

Nous rencontrons ici un acteur essentiel du projet, Pierre Legrand, du collectif d’artistes SARENDIP, qui nous explique sa démarche.

Objectifs

Le projet cherche en premier lieu à motiver et mobiliser des élèves menacés de décrochage scolaire, autour d’un projet utile, à leur faire prendre conscience qu’en utilisant bien certaines techniques simples, il est possible de s’impliquer dans des réalisations qui ont un impact social positif en recréant du lien, de la beauté sur base de supports visuels artistiques.

En rendant ces élèves acteurs de leurs apprentissages, en leur montrant la voie de la création de nouvelles activités professionnelles, les promoteurs du projet souhaitent ainsi leur redonner goût à l’enseignement les rendre fiers de leurs réalisations, et ultimement lutter contre le découragement. Des groupes de paroles complètent le dispositif : ils ont pour buts de permettre l’expression des jeunes autour de leur ressenti scolaire et de créer des échanges à ce sujet entre adultes et jeunes pour réinstaurer la confiance.

Les réalisations actuelles

Une fresque sur la façade du Centre Scolaire concerné, une valise pédagogique constituée de motifs artistiques, un quartier embelli et remobilisé autour de deux écoles pour favoriser un ré-accrochage scolaire, une recherche dédiée à la prévention du décrochage scolaire (à paraître fin 2017).

En 2016-2017, les promoteurs du projet souhaitent intensifier la dynamique ainsi lancée en impliquant davantage de participants dans ce projet, et notamment les professeurs.

Une « valise pédagogique » comportant les pochoirs créés sera accessible aux enseignants, jeunes et professionnels éducatifs, afin de d’organiser l’essaimage plus large des motifs dans le quartier et de continuer le travail de représentation symbolique d’une identité positive.

Pierre, pouvez-vous partager avec nous ce que vous évoque l’école d’aujourd’hui ?

pierrelegrandJe trouve qu’il y a dans les écoles des personnes fabuleuses, comme Tatyana et Michaël par exemple : ils sont dans des situations d’enseignement difficiles et ils arrivent à développer des pédagogies qui sont appropriées au terrain. Ils ne sont pas enkystés dans une pédagogie basée sur des règles classiques, autoritaires, où est maintenue une distance qui interdit les échanges entre les profs et les élèves. Je crois beaucoup aux pédagogies actives, dans lesquelles les enseignants sont là pour accompagner les élèves, les aider à structurer leurs propres règles et où on part de ce qui intéresse les jeunes, de ce que les élèves apportent eux-mêmes comme sujets d’étude.

Le cadre de la communication, la place laissée à l’écoute et au dialogue sont importants. Je me dis que c’est en partant de cela que l’on peut trouver des solutions pour mieux entrer en contact avec les élèves qui ont des problèmes dans leur vie. Et des problèmes, les élèves des quartiers dans lesquels nous commes intervenus pour le projet en ont peut-être plus que d’autres, dans la mesure où leurs conditions économiques sont difficiles. Par ailleurs, les problèmes vécus par les élèves dépassent de loin la question de l’éducation au sens strict, ce qu’on voit dans l’école n’est que le reflet de ce qu’on voit dans la société en général, avec tout un pan de la population qui vit de réels problèmes économiques et ne peut ainsi avoir accès à des biens symboliques importants pour l’estime de soi et le sentiment d’intégration.

Plutôt que de créer des barrières qui empêchent les jeunes de communiquer sur les questions personnelles, je trouve que ce serait plus productif de mettre un peu le scolaire de côté pour apprendre à se parler, à se dire ce qui est important pour tout un chacun : « T’as un problème avec tes copines ? » « T’as un problème avec tes parents ? », et bien parlons de cela… De là l’idée de joindre les groupes de paroles à la démarche artistique.

Je vais faire le lien avec une activité qui me tient beaucoup à cœur, qui est l’agriculture. Il y a un type d’approche en agriculture qui s’appelle la permaculture, qui est une approche philosophique globale : on part de ce qu’il y a, des caractéristiques du sol, de ce qui pousse spontanément, des ressources en eau, en lumière et on voit ce qui pousse pour le favoriser… Je pense qu’en éducation aussi on pourrait appliquer cette approche. Partir des ressources des jeunes et des enseignants plutôt que de leurs manques.

Le projet a été bien accueilli par les écoles, pour elles c’était une opportunité magnifique, surtout je pense parce que la réalisation des ateliers ne leur a pas coûté un centime... Parce que, selon moi, ce dont ces écoles souffrent aussi, c’est d’un manque de moyens, si elles avaient plus de moyens, il y aurait sans arrêt des projets nouveaux et les choses s’amélioreraient fortement…

Dans ce projet Art et paroles, qu’est-ce que vous avez prioritairement cherché à communiquer aux jeunes ?

Au-delà de la question que nous devons nous aussi, artistes, gagner notre vie, nous avions avant tout, pour dire ça simplement, envie de passer avec les jeunes des moments agréables, de faire des choses qui soient constructives. Par exemple, la peinture murale, nous pensons qu’elle va faire du bien, pas seulement à l’école ou aux élèves, mais un petit peu à tout le monde… On a remarqué qu’au fil des ans, dans un quartier, les gens apprécient, trouvent ça beau, ça valorise leur quartier et donc ça les valorise eux… Ça fait du bien tout simplement… C’est une idée assez simpliste qu’il y a là-dedans, faire du bien… et à côté de cela aussi nous avons aussi l’intention, par rapport aux subsides qui viennent de l’extérieur, d’aller à contre-courant de ce qui se fait trop souvent dans les contrats de quartier par exemple. De l’argent est dédié à l’art et en fait, tout l’argent va à un artiste, qui va faire par exemple une grande boule blanche sur un rond-point. En fait, personne ne veut de cette boule blanche, mais on va la faire quand même parce que c’est plus facile, parce que l’un veut un triangle rouge, l’autre un carré bleu, alors on décide de faire une boule blanche : personne n’en veut et en même temps tout le monde est d’accord… Finalement, l’argent du contribuable va à quelque chose qu’il ne souhaite pas… Certains artistes font de très belles choses, mais ils ne cherchent pas à travailler au départ de ce que les gens apportent… Donc, sans être populistes, nous avons eu envie de travailler vraiment avec ce dont les gens ont envie dans le quartier, c’est pour ça qu’on a fait de la mosaïque et des peintures murales au départ de pochoirs, parce qu’on trouve que là-dedans il y a quelque chose qui plaît, dans laquelle les gens peuvent se reconnaître. Nous n’avions pas envie d’arriver en tant qu’artistes, c’est pour ça que nous avons vraiment mis l’accent sur des ateliers participatifs. Nous avons eu l’envie de permettre aux jeunes de s’impliquer « pour de vrai », et au maximum. « Pour de vrai » cela signifiait aussi que nos ateliers soient efficaces. L’année dernière, quand nous sentions qu’à certains moments les jeunes n’accrochaient pas à l’activité proposée, qu’ils trouvaient ça encore trop scolaire, nous en prenions note et nous adaptions notre approche. L’année passée, nous avons organisé beaucoup de votes, si ça n’avait pas fonctionné, nous aurions arrêté. Cette année nous avons cherché à faire encore plus participer les jeunes, pour qu’ils en aient « pour leur argent », ça collait bien avec l’idée du décrochage scolaire… nous voulions donner encore plus envie aux jeunes de participer aux ateliers et de rester à l’école, c’est pourquoi nous voulions « casser » un maximum les habitudes scolaires qui font qu’ils n’ont pas envie d’y rester.

Vous avez fait le maximum pour que la réalisation soit la réalisation des jeunes…

C’est chouette ce que vous dites-là, ça renvoie à ce qu’on voudrait communiquer aux enfants comme message, qui est « Vous êtes capables de le faire », « Votez, vous, pour ce que vous voulez », « Vous pouvez choisir ce que vous voulez »… A un moment, ils m’ont demandé si le directeur donnerait son avis, j’ai pu leur dire que non, que ce serait décidé uniquement par eux… C’est pour ça que nous avions introduit cet atelier de référendum[3], et de vote, pour les initier à la démocratie représentative et aux élections, et puis nous avons aussi eu la chance qu’ils peignent eux-mêmes le mur, nous avons pu leur dire « Vous êtes capables de peindre aussi vos murs, si vous vouliez vous pourriez le faire encore ailleurs… ». On a voulu communiquer l’idée qu’on était là pour leur montrer la technique mais qu’après, une fois qu’ils auraient acquis quelques connaissances, ils pourraient être autonomes… On dit qu’on est des artistes, mais l’art c’est pompeux… Nous nous disons : « Peu importe les couleurs qu’on aurait choisies, peu importe la composition, dans tous les cas ça aurait été bien, ça aurait été intéressant ».

Pensez-vous qu’au plan de l’éducation artistique à proprement parler, ils ont pu en retirer quelque chose ?

On est allés sur place, on a regardé le contexte, la ville, au départ des murs qu’on avait déjà peints et de ceux qu’on pourrait encore peindre, ce qui est important pour réaliser des murales… Ensuite, une fois qu’on a eu choisi les motifs, ils ont eux-mêmes réalisé les pochoirs, donc ils savent faire les pochoirs, et avec ces deux bases-là, ils devraient tous être plus ou moins à même de réaliser des murales en pochoirs, plus ou moins propres, plus ou moins réussies. Et à côté de ça nous avons mis l’accent sur « comment on fait un travail collectif », nous avons introduit cette manière de travailler en collectif, et puis il y a eu des petites annexes, comme l’apprentissage de la communication, de l’argumentation. Dans le choix des motifs, il s’agissait parfois de remporter l’adhésion des autres.

J’ai l’impression que les enfants n’ont pas l’habitude qu’on leur demande leur avis… Ça les surprend, il faudrait multiplier ce genre de choses pour qu’ils s’y habituent.

Il y avait une différence notable entre les deux écoles partenaires du projet. Les élèves de l’enseignement général étaient plus jeunes, ils étaient encore enthousiastes face aux activités proposées… Mais au CEFA voisin, on voit des discours réalistes et défaitistes, sur le monde et la société, « A quoi ça sert tout ça, à quoi ça sert de se réunir, de discuter, de décorer la ville ? Ça sert à rien », « A quoi ça sert de trouver un boulot, est-ce qu’on va gagner de l’argent ? » « A quoi ça sert de voter, de toute façon ce sont toujours les mêmes bouffons ». Il y a quelque chose de vrai là-dedans, mais en même temps il y a quelque chose qui les plombe eux-mêmes. Ils se mettent des cailloux dans les chaussures. Le travail à faire avec les plus âgés est plus long…

Il nous aurait fallu avoir beaucoup plus de temps pour les apprivoiser, les enrôler encore mieux dans le projet. Leur leitmotiv, c’était gagner de l’argent, ils en parlaient tout le temps. J’ai une anecdote à ce sujet : un des jeunes avait dit « Ça sert à rien ce projet, on ne va rien gagner… ». Le jour des portes ouvertes, on avait fait une expo pour montrer notre travail et on avait mis en vente des posters et des T-shirts réalisés par eux avec les pochoirs du projet. Cet élève, qui désespérait de gagner un centime, a vendu un des T-shirts qu’il avait décoré. Je lui ai dit « Tu vois, tu en as vendu un ». Il a eu du mal à reconnaître qu’il avait été trop pessimiste… J’espère qu’un jour, il va se rappeler de cette expérience, se souvenir qu’il ne faut jamais désespérer… C’est quand on a des expériences positives à cet âge-là qu’on peut voir le monde avec plus d’optimisme après, et que ça permet de faire des choses. Mais l’idéal ce serait que ça se renouvelle, que ça se passe au jour le jour, tout le temps, chaque année…

Pouvez-vous me parler de l’importance que vous accordez à l’art dans la vie quotidienne ?

Je remets de plus en plus en question cette notion d’art, je suis un artiste qui doute de cette idée d’art, le mot me gêne, je ne fais pas de l’art…

Je me reconnais dans cette citation de Filliou[4] :« L’art c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ». Je voudrais bien à la limite me passer du mot « art », c’est un mot qui ségrégue trop, connoté trop commercial, entre ceux qui sont capables, et ceux qui ne sont pas capables... Si, par exemple, je me place en tant qu’artiste face à un élève, il peut penser que j’ai des dons qu’il n’a pas, il peut se sentir amoindri… Quand vous vous trouvez face à des adultes, c’est encore pire, tous les adultes répondent qu’ils ne sont pas capables de dessiner. J’ai envie de casser tout ça, d’amener les gens à créer plus librement, et à penser plus librement… Les murales qu’on a faites en six jours, c’est très rapide, normalement cela prend plus de temps, donc je ne crois pas que ça soit vraiment de l’art.

Mon regret, c’est que notre expérience est toute petite, qu’on aurait pu réaliser beaucoup plus de choses, approfondir avec les jeunes. Les deux écoles sont sous-équipées. Au CEFA, par exemple, la classe de menuiserie est équipée avec les outils et équipements que le professeur a lui-même apportés.

Il est possible de faire un atelier d’art plastique fabuleux avec quinze mille Euros d’investissement en matériel, et des créations incroyables en sortiraient. Je pense que c’est vers cela que nous devrions aller, investir dans plus de matériel et développer la créativité des élèves au départ de cela…

L’intérêt de cette approche artisanale, artistique, est-ce que c’est une manière de redonner du pouvoir aux personnes ?

Oui, c’est cette capacité à prendre prise au monde, à pouvoir le modeler qu’avec le collectif Sarendip on souhaite leur communiquer. Quand j’ai fait des tags et des grafs à quatorze ou quinze ans, on m’a dit que je n’avais pas le droit, que je devais me contenter d’apprendre, mais j’ai continué, et quand vous faites plein de grafs dans une ville, vous réalisez que vous pouvez vous aussi créer des choses, que vous pouvez avoir une prise sur les choses. Lors d’un des ateliers avec le CEFA, nous sommes sortis à la rencontre des gens et des commerçants du quartier, et cette démarche a débouché sur de vraies rencontres, il y a des merveilles qui peuvent en sortir. Le boulanger nous a offert à boire et à manger, et en plus, il est prêt à ce qu’on vienne peindre une fresque chez lui. Dans l’artisanat, il y a ce rapport concret aux choses, qui vous donne un pouvoir.

S’il devait y avoir un cours obligatoire, ça devrait être un cours d’agriculture. Quand j’étais jeune j’ai eu la chance de travailler dans une ferme agricole au Japon… Ce que je souhaiterais vraiment, c’est que davantage de jeunes puissent faire ce type d’expérience, ils en retireraient énormément je pense.

C’est nous qui l’avons fait !

La fierté se lisait dans le regard des jeunes qui étaient présents lors de la fête d’inauguration de la murale, en juin dernier… Fierté d’avoir réalisé quelque chose de concret, une œuvre qui se voit, qui embellit le quartier, fierté aussi d’avoir décoré leur école, d’avoir contribué à affirmer son identité positive en phase avec l’image métissée du quartier: une manière de l’investir autrement, plus affectivement.

Pour ensuite la fréquenter, l’habiter différemment, la considérer d’un œil neuf.

Une goutte d’eau en regard de ce qu’il y aurait lieu de faire sans doute pour rendre le cadre du travail scolaire plus agréable, plus engageant, mais une étape dans la bonne direction tout de même.

Grâce au travail manuel et à la méthode déployée lors des ateliers artistiques, ces jeunes, pour la plupart en deuxième différenciée ou inscrits dans un CEFA, se sont essayés à de nouveaux rôles. Les élèves ont été encouragés par la présence des artistes à se rendre mobiles, et à changer de place, à échanger les rôles, à reconsidérer leur apport au groupe, à la vie de la classe. Au-delà des vertus habituelles des ateliers artistiques à l’école, telles que les décrit Martine De Keukeleire dans son article dédié au festival « Gratin de cultures » du CEFA d’Anderlecht, le projet Art et Paroles a permis aux élèves concernés de « jouer » à être un artiste, un graffeur, une autre personne et de révéler d’autres facettes de leurs potentialités, de se réengager dans l’aventure scolaire. Changer de place et enfin prendre sa place, c’est à quoi le projet Art et paroles les invitait. Une étape sur la voie de leur émancipation.

NOTES/REFERENCES

[1] Pierre Legrand (Obêtre) - artiste et curateur. www.obetre.net

Entre autres choses, Obêtre a obtenu un Master en sociologie (ULB), une Licence en arts plastiques, finalité espace urbain. (La Cambre), une Licence en Céramique. (Académie des beaux-arts de Saint-Gilles).
Pour entendre la voix d’Obêtre parler de son art au micro de Gaëlle Francart (RTBF) voir https://soundcloud.com/obetre-1/interview-obetre-lionelle

[2] Les élèves du premier cycle « différencié » sont des élèves qui ont pu s’inscrire en secondaire sans avoir obtenu leur certificat d’étude de base (CEB, attestant d’un niveau de connaissances et de compétences suffisant en fin de primaire). La deuxième différenciée est leur « dernière chance », dans le parcours scolaire classique, d’obtenir leur CEB. La situation de retard, la sensation de devoir rattraper un groupe occasionne, on l’imagine, du stress et de l’anxiété chez le jeune.

[3] Il s’agit d’un vote à la majorité pour le choix des motifs qui allaient être employés pour réaliser la murale.

[4] Robert Filliou est né en France en 1926, il est décédé en 1987 à Peyzac-le -Moustier (France). En 1970, il publie un livre, « Teaching and Learning as Performing Arts », dans lequel sa conception de l’art s’élargit à une vision globale de la société, inspirée de Charles Fourier. Rejetant les idées d’admiration et de spécialisation qui sont pour lui responsables de l’aliénation de la société capitaliste, R. Filliou distingue une « économie de la prostitution », reposant sur la quête du pouvoir, d’une « économie poétique » chargée d’instaurer un nouveau système de valeurs plus propice à l’épanouissement de l’homme. Son objectif (…) est que chaque individu prenne conscience qu’il est un artiste – ce qui ne signifie pas qu’il produise nécessairement des œuvres d’art au sens strict du terme – mais qu’il puisse affirmer son génie dans le cadre de n’importe quelle activité, elle-même élevée au rang de l’art(…) R. Filliou mise sur le jeu, l’innocence et l’imagination, qui sont des qualités qu’il identifiait à l’enfance. Source : Cuenat, P., MAMCO, http://www.mamco.ch/artistes_fichiers/F/filliou.html